Collecteurs de corps

CorpsNouvelle parue dans l’anthologie « Le Corps » aux éditions Parchemins & Traverses, décembre 2013

Au temps de la Rome antique, un vespillo, esclave chargé de transporter les cadavres, accomplit sa sinistre besogne dans le cimetière des Esquilies. C’est la nuit, il est seul, ou croit l’être… car l’est-on vraiment quand on travaille au milieu d’innombrables corps ?

J’ai découvert la misérable condition des « servants de Libitina », ces hommes travaillant dans les cimetières romains, grâce au livre de Catherine Salles, « Les bas-fonds de l’Antiquité » : une lecture très intéressante qui nous présente l’envers du décor des civilisations grecques et romaines, avec ses truands, ses prostituées, ses assassins. Nous étions alors en 2009 et Parchemins & Traverses, qui venait de publier mon « Guide du Routard infernal » et allait bientôt publier « Nous nous battrons donc à l’ombre », lançait un nouvel appel à textes sur le thème, pas forcément évident à traiter, du Corps.

Il m’est rapidement venu l’idée de cette narration qui fait la spécificité de cette nouvelle, avec les différentes parties du corps du personnage principal qui s’expriment à tour de rôle. Par rapport à mes standards littéraires habituels, j’ai poussé assez loin le côté horrifique, voire carrément sordide : par la suite je ne me suis plus aventuré dans des scènes comme celles de la « rencontre » du vespillo et de la morte-vivante… Faute de critiques parues après la sortie de l’anthologie, j’ignore comment les lecteurs ont perçu ce texte assez particulier au regard du reste de ma bibliographie.

Le Vengeur du peuple

PhobieNouvelle parue dans l’anthologie « Jusqu’ici tout va bien » aux éditions Antidata, novembre 2013

Dans la cité de Hön, la famille Glazhirej préside aux exécutions capitales depuis des générations. Une banale pendaison va donner au père, Samson, l’occasion de donner quelques responsabilités à son fils Henry, avant de le laisser voler de ses propres ailes… Mais comment assumer la succession quand on souffre secrètement d’une phobie incompatible avec la fonction de bourreau ?

Cette nouvelle est l’une des premières que j’ai écrites, puisqu’elle l’a été en 2004. L’idée de raconter les mésaventures d’une famille d’exécuteurs publics m’est venue grâce à un appel à textes de Parchemins & Traverses sur le thème des bourreaux… auquel je n’ai finalement pas participé, je ne me souviens plus pour quelle raison. « Le Vengeur du peuple » est donc resté dans mes tiroirs jusqu’en 2013, quand un appel à textes d’Antidata (éditeur de nouvelles que je découvrais alors) m’a donné envie de le remanier en y intégrant l’élément qui est désormais au cœur du récit : l’hématophobie, ou peur du sang.

Quelques avis de lecteurs…

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Du sang sur des mains de givre

NoelsNouvelle parue dans l’anthologie « Noëls d’hier et de demain » aux éditions Argemmios, novembre 2013

Rééditée en numérique aux éditions Mythologica, novembre 2015

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Dans une petite maison de bois, au cœur des forêts de la région de Veliki Oustioug, vit le Père Gel. Tous les enfants russes adorent ce vieil homme qui, à chaque Noël, vient leur apporter les cadeaux qu’ils lui ont commandés… Mais seule sa petite-fille Snegourochka connaît son vrai visage : celui d’un individu alcoolique et violent, qui prend plaisir à la frapper et à l’humilier…

Au début de l’année 2008, tandis que j’entamais la rédaction de mon roman « Nadejda », j’ai exploré un autre versant des légendes russes avec cette nouvelle basée sur Ded Moroz, un équivalent slave de notre Père Noël, et Snegourochka, la fille de neige. Comme dans « Vassilissa et le Cavalier de l’Aube », j’ai repris des personnages emblématiques des contes, connus de tous les Russes, pour leur offrir un destin bien moins heureux… en poussant encore plus loin la cruauté pour la malheureuse Snegourochka qui n’en demandait sans doute pas tant ! On peut également rapprocher « Du sang sur des mains de givre » du « Blues de Zwarte Piet » écrit près de six ans plus tard : on y découvre la triste réalité vécue par les personnages folkloriques des fêtes de fin d’année, derrière les sourires de circonstance… Au vu des réactions suscitées par cette nouvelle, j’ai peut-être touché les limites de ma démarche : certains lecteurs semblent être passés à côté car ils ne connaissaient rien du mythe ici réécrit, tout simplement.

L’anthologie « Noëls d’hier et de demain » dirigée par Pierre-Alexandre Sicart est parue peu de temps avant la disparition des éditions Argemmios et n’a donc peut-être pas connu le succès que sa bonne qualité globale aurait dû lui valoir. La plupart des nouvelles publiées par Argemmios, dont celle-ci, ont ensuite été disponibles en numérique aux éditions Mythologica… lesquelles ont à leur tour disparu depuis.

Avis de lecteurs…

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Ben et le Bunyip

SF5Nouvelle parue dans le fanzine Station Fiction n°5, février 2013

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

La petite Emily est retrouvée morte en pleine nature, dévorée par le plus dangereux des habitants de la forêt australienne : le Bunyip, un monstre tenant du chien et de la loutre, doté de crocs énormes. Quelque temps plus tard, Ben, le frère de la malheureuse, s’enfonce à son tour dans les bois afin de voir de ses yeux l’animal fabuleux craint de tous… et, peut-être, pouvoir venger sa sœur…

A l’origine de cette nouvelle écrite en 2006 se trouve Solstice, le webzine (désormais introuvable, englouti dans les méandres d’Internet) pour lequel je rédigeais alors quelques articles, dont de fausses interviews de créatures mythiques. Parmi celles-ci, le Bunyip, monstre issu des croyances aborigènes, que je m’empressai de placer au cœur d’une nouvelle. Ce serait mon unique incursion littéraire aux antipodes, jusqu’à ce que j’envoie Napoléon en Australie dans mon roman « L’Ornithorynque de Bonaparte »

J’ai proposé « Ben et le Bunyip » en 2009 au fanzine Station Fiction, qui allait bientôt publier ma nouvelle « La nuit tombe sur Sherwood » dans son troisième numéro. Le numéro 5 sur le thème de la Bête est finalement paru près de quatre ans plus tard, après quelques vicissitudes. Si la Station semble avoir définitivement fermé ses portes après cette parution, le fanzine continue néanmoins d’être disponible au format numérique.

Les doigts des morts

NuitNouvelle parue dans l’anthologie « Le Monde de la Nuit » aux éditions Sombres Rets, février 2013

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Lors des longues soirées d’hiver les enfants se pressent autour de la vieille Baba Nastya, qui a toujours une histoire effrayante à leur raconter. Cette fois il s’agit d’une anecdote réelle, une aventure extraordinaire qui se déroula dans un passé pas si lointain : quand une fillette du village osa s’aventurer dans l’église une nuit où, devant l’autel, était exposé un cercueil laissé ouvert…

Comme d’autres nouvelles prenant place en Russie, celle-ci a été écrite entre fin 2007 et début 2008. Je suis quasiment certain que l’idée m’est venue en lisant le récit d’un défunt revenu à la vie après s’être fait dérober une bague, quelque part dans les campagnes russes d’autrefois, mais je ne parviens pas à mettre la main sur la référence exacte… En revanche je me souviens avoir retrouvé avec plaisir des motifs proches et le même type d’ambiance lugubre quelques mois plus tard, avec la BD « Veillée funèbre » inspirée d’une nouvelle fantastique de Nicolas Gogol. « Les doigts des morts » n’a pas été écrit pour un appel à textes spécifique, mais a parfaitement convenu à celui qu’a lancé Sombres Rets quelques années plus tard sur le thème de la « Nuit ».

Avis de lecteurs…

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