Les Feux de l’Armure

FdA
Illustration de couverture par Nicolas Ryser

Roman paru en avril 2013 aux éditions Nestiveqnen

Disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 17,50 euros

Fraîchement diplômé en chevalerie, Godefroi Brouillon voudrait profiter de son nouveau statut pour conquérir le cœur de la dame de Beauregard…

Mais la guerre qui oppose les Elfes et les Nains à quelques lieues de chez lui et le débarquement des Britiches du royaume de Youkay semblent ne pas vouloir lui en laisser le temps.

Quant aux chevaliers de la Ligne Deux, ils n’ont de cesse de lui parler de croisade en Orient-Très-Lointain…

Le seul roman de fantasy à lire avec un plan du métro parisien !

Carte Feux de l'Armure Définitive
« Les Feux de l’Armure » étant un roman de fantasy, il comporte évidemment sa carte réglementaire en première page…

Avis de lecteurs…

Un très bon livre, plein d’humour dans tous les sens ! Jeux de mots, situations cocasses, parodie de grandes œuvres, humour absurde… (Gwenayur)

Faire rire n’est pas chose aisée, surtout que chaque personne a le sien et que personne ne rigole aux même blague. Olivier Boile a en quelque sorte trouvé une solution à ce problème en mettant tous les humours possibles dans son roman. On se retrouve ainsi avec des jeux de mots, des anachronismes, un ton volontairement désabusé, parfois un brin ironique…(Stegg, Psychovision)

Achevant ma lecture, je me dis qu’Olivier Boile ne peut être qu’un émule du grand Pratchett, et, qui plus est, un émule à sa hauteur… (Gwen21)

On rit souvent à la lecture de cette fantasy médiévale. Et si le roman est drôle, c’est toujours avec classe. « Les Feux de l’Armure » m’a rappelé les Monty Python tant l’absurde est bien maîtrisé… (Foxfire)

J’ai préféré « Medieval Superheroes », mais « Les Feux de l’Armure » reste néanmoins une lecture très plaisante… (Cendre)

Quoi qu’il en soit, il n’y a pas loin de dire que dans ce livre, la moindre phrase est pensée pour faire rire, et que cela a parfaitement fonctionné pour ma part, d’un bout à l’autre… (Erlkoenig)

C’est superbement bien écrit, parfois bon enfant, parfois carrément délirant, voire monthypythonnesque, parfois subtil et parfois grossabotesque, bon sang c’est que du bonheur… (Tatooa)

Si ce qui vous amène est votre goût pour l’absurde et le loufoque, vous allez être servi. On est ici dans un roman qui ne se prend vraiment pas au sérieux et nous sert de l’humour à toutes les sauces : cynisme, ironie, anachronismes, jeux de mots tous plus foireux les uns que les autres, il y en a pour tous les goûts. Il en va de même pour les thèmes, Olivier Boile mêlant avec plus ou moins de bonheur humour, fantasy, féerie ou encore roman historique… (Naolou)

Un court extrait du roman…

Je suis stoppé dans mon élan dès mon entrée dans la cour du château. Enfin ! Voilà une bonne occasion de placer le mot « capharnaüm ».

Attirés par une fiscalité avantageuse, d’innombrables petits commerçants s’y sont fixés, transformant Roc-d’Urcy en une foire commerciale permanente ; séduits par l’opportunité d’y dilapider leurs maigres revenus, d’innombrables petites gens les y ont suivis de bon gré. C’est à la fois curieux et agaçant, on a le sentiment que chaque toise carrée de terrain a été louée à un vendeur différent. Vous ne pouvez faire une foulée sans être harcelé par un type qui tente de vous refiler une bricole, un sachet de poudre miracle qui ralentit la chute des dents et fait repousser les cheveux, une saucisse dans un croûton de pain, un immonde produit de l’artisanat local d’on ne sait où, voire la pierre philosophale payable en trente fois sans frais. Certains sont encore plus optimistes en proposant à d’hypothétiques gogos une gazette qui essaie tant bien que mal de masquer sa médiocrité derrière des gros titres racoleurs. Cette semaine, Lutécies nous voilà espère nous faire gober que le prince Constant va accoucher de jumeaux, après nous avoir révélé sa stérilité dans le numéro précédent.

Le gamin pouilleux chargé d’écouler cette infamie journalistique hurle : « Demandez Lutécies nous voilà, le poids des lettrines, le choc des enluminures, deux sapèques seulement, demandez Lutécies nous voilà ! » comme si sa vie en dépendait. La vie… La bourse ? Association d’idées salutaire, puisqu’elle me permet d’intercepter un détrousseur agrippé à la doublure de mon pourpoint, là où je garde en sûreté mon maigre pécule. Pris la main dans le sac, l’homme se noie dans la foule sans même réclamer un pourboire pour sa peine.

En maugréant contre l’insécurité qui règne dans notre beau pays, je jette un œil par-dessus l’épaule du chaland qui me précède dans la cohue. Comment ai-je pu ne pas le voir plus tôt ? Le stand des Chevaliers de la Ligne Deux domine avec arrogance le bureau de change et le vendeur d’artichauts qui l’entourent. Une oriflamme promotionnelle vante “les nouveaux chevaliers au grand cœur et qui n’ont jamais peur de rien.” Incontestablement, les slogans publicitaires ont perdu de leur qualité maintenant que la mercatique est enseignée en Sorbonne.

Je presse l’allure, sûr de mon fait.

« Messire de la Chapelle ?

— C’est moi. »

Il se tient au milieu d’une forêt de brochures d’informations, éploré, efflanqué, emmitouflé dans une cuirasse rouillée et un vieux pardessus râpé. Son teint d’hostie, son air absent et la barbe qui lui dévore le visage donnent l’impression qu’il vient de passer les vingt derniers Noëls derrière les barreaux de quelque geôle britiche. Un badge « bonjour, Bohémond de la Chapelle pour vous servir » complète cet amer tableau.

« Bonjour, Bohémond de la Chapelle pour vous servir, récite-t-il. Vous êtes ?

— Surpris de vous avoir trouvé si aisément. Mon nom est Godefroi de Quatre-Fontaines. J’ai été convié ici même pour…

— Godefroi de Quatre-Fontaines, bien sûr. Nous sommes au courant. Veuillez me suivre, Messire. »

(Extrait du chapitre « À la guerre comme à la guerre », pages 96-97)