Des dieux et des machines

indexNouvelle parue dans l’anthologie « Les Tisseurs de mondes », aux éditions Arkuiris, octobre 2018

Dissimulés derrière le Rideau Rouge, les Intervenants ont pour unique mission de venir en aide aux héros en détresse. Certains d’entre eux ont autrefois travaillé pour les grands tragédiens grecs, mais ils doivent désormais œuvrer dans des westerns, des BD ou, pire, des histoires grotesques comme les aventures de Benny Marvelous. On ne les respecte plus, on ne les prend plus au sérieux, si bien que l’orage de la révolte commence à gronder chez les Intervenants…

L’origine de cette nouvelle remonte à 2009. Avec un ami auteur, nous médisions au sujet d’un roman de fantasy médiocre (non, je n’en révélerai pas davantage !) et il a eu cette excellente remarque : « Il y a tellement de deus ex machina qu’on les imagine en train de fumer une clope et discuter en coulisse en attendant leur tour. » L’image m’a frappé au point que le projet d’une nouvelle exploitant cette idée s’est aussitôt mis en place, et « Des dieux et des machines » a été écrite facilement dans la foulée. Quand on dit qu’il suffit parfois d’une seule phrase pour déclencher l’écriture d’un texte !

Publier cette nouvelle était moins évident. Ni vraiment humoristique ni vraiment sérieuse, pas tout à fait SF, fantastique ou fantasy, qui pouvait être intéressé par « Des dieux et des machines » ? Envoyée à divers éditeurs suite à des appels à textes thématiques qui me semblaient pouvoir correspondre aux idées développées dans la nouvelle, celle-ci a été refusée à cinq reprises… avant d’être acceptée, en 2017, par l’éditeur qui, a priori, était le moins susceptible de le faire. Arkuiris a plutôt l’habitude de publier des textes relevant de l’anticipation, une science-fiction réaliste, attachée aux problématiques écologiques, sociales, politiques… Je suis d’autant plus fier d’avoir pu intégrer le sommaire de l’anthologie « Tisseurs de monde » !

Les fils du héros

CouvFF82Nouvelle parue dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev », septembre 2018

La vaste plaine bordant le fleuve Borysthène est le domaine de la reine Echidna, femme-serpent née d’une divinité marine. Elle-même a trois fils, habiles à l’arc et bons cavaliers : Agathyrsos, Gélonos et Skythès. L’un de ces jeunes hommes est promis à une grande destinée, car dans ses veines coule le sang d’un des plus célèbres héros grecs…

Rends-moi mes légions

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Fort de ses trois légions, le général Varus pense qu’il n’aura aucun mal à soumettre au nom du César Auguste les pays barbares au-delà du Rhin. Il peut en outre compter sur l’appui de guerriers autochtones, et notamment le vaillant Arminius, fils du roi des Chérusques… Mais en cas de trahison les conséquences seront dramatiques, et les fantômes romains erreront nombreux dans les impénétrables forêts de Germanie…

L’anéantissement des trois légions de Varus dans la forêt de Teutoburg, en l’an 9 de notre ère, est l’un des événements les plus tragiques de l’histoire romaine. Quand j’ai écrit cette nouvelle, au printemps 2009, j’ai fait en sorte de rester fidèle à ce que l’on connait de la réalité historique, même si je n’ai pas fait l’économie d’une conclusion empreinte de fantastique… de la même manière que Fabien Clavel, dans son roman « Furor » paru en 2012, a ajouté une touche de science-fiction au récit de cette même bataille.

« Rends-moi mes légions » est une nouvelle à laquelle je suis très attaché, peut-être parce que le massacre de Teutoburg est un événement historique qui me fascine tout particulièrement depuis des années. J’ai donc plusieurs fois essayé de « caser » cette nouvelle ici ou là, malheureusement sans succès… Je suis ravi qu’elle ait enfin pu trouver sa place parmi les inédits de « Sans Donjon ni Dragon ».

L’envol du cygne jaune

CygnejauneNouvelle parue en numérique aux éditions Voy’el, avril 2015
Rééditée dans l’anthologie « Sur les ailes de l’Imaginaire » aux éditions Voy’el, juin 2015

Le Fils du Corbeau, seigneur des steppes, a souhaité la paix avec le Fils du Ciel. Pour sceller celle-ci, l’Empereur de Chine lui offre un présent inestimable : la main de sa nièce. Mais la belle Liu Xijun, devenue Dame de la main droite, ne peut oublier son pays natal. Alors qu’elle la regarde dépérir, la vieille sorcière au service du roi sait qu’un jour, elle devra peut-être agir…

Voilà un texte particulièrement important pour moi, à plus d’un titre.

Quand je l’ai écrit, durant l’été 2009, c’était la première fois que ma plume allait s’égarer du côté de la Chine. À cette époque mes lectures commençaient à me pousser vers l’Orient, le long de la Route de la Soie. Ainsi « L’envol du cygne jaune » doit-il beaucoup au livre de Edith et François-Bernard Huyghe, « La route de la soie ou les empires du mirage » : j’y ai rencontré le personnage bien réel de Liu Xijun, princesse chinoise mariée de force à un roi barbare ; en poussant plus loin mes recherches, j’ai beaucoup appris sur les différentes peuplades des steppes d’Asie Centrale et sur la pratique du « heqin », ces mariages diplomatiques qui concernèrent des centaines de jeunes filles issues des dynasties impériales successives.

SurlesailesTrois ans plus tard, j’ai envoyé cette nouvelle aux éditions Voy’el. Elle a été refusée pour une très bonne raison : elle collait finalement assez mal au thème de l’appel à textes, je le reconnais… En revanche l’anthologiste m’a proposé de la publier en numérique, dans le cadre le collection E-Courts. Un peu réticent vis-à-vis du format numérique, j’ai néanmoins accepté l’offre et je ne l’ai pas regretté un seul instant ! L’aventure s’est d’ailleurs poursuivie au format papier, puisque la nouvelle a ensuite été au sommaire de l’anthologie « Sur les ailes de l’Imaginaire » réunissant toutes les publications de la collection numérique des éditions Voy’el.

Et ce n’est peut-être pas tout : il se murmure dans les milieux bien informés que l’auteur de « L’envol du cygne jaune » serait actuellement en train de reprendre cette histoire et ces personnages pour en faire un roman…

 

Quelques avis de lecteurs…

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Collecteurs de corps

CorpsNouvelle parue dans l’anthologie « Le Corps » aux éditions Parchemins & Traverses, décembre 2013

Au temps de la Rome antique, un vespillo, esclave chargé de transporter les cadavres, accomplit sa sinistre besogne dans le cimetière des Esquilies. C’est la nuit, il est seul, ou croit l’être… car l’est-on vraiment quand on travaille au milieu d’innombrables corps ?

J’ai découvert la misérable condition des « servants de Libitina », ces hommes travaillant dans les cimetières romains, grâce au livre de Catherine Salles, « Les bas-fonds de l’Antiquité » : une lecture très intéressante qui nous présente l’envers du décor des civilisations grecques et romaines, avec ses truands, ses prostituées, ses assassins. Nous étions alors en 2009 et Parchemins & Traverses, qui venait de publier mon « Guide du Routard infernal » et allait bientôt publier « Nous nous battrons donc à l’ombre », lançait un nouvel appel à textes sur le thème, pas forcément évident à traiter, du Corps.

Il m’est rapidement venu l’idée de cette narration qui fait la spécificité de cette nouvelle, avec les différentes parties du corps du personnage principal qui s’expriment à tour de rôle. Par rapport à mes standards littéraires habituels, j’ai poussé assez loin le côté horrifique, voire carrément sordide : par la suite je ne me suis plus aventuré dans des scènes comme celles de la « rencontre » du vespillo et de la morte-vivante… Faute de critiques parues après la sortie de l’anthologie, j’ignore comment les lecteurs ont perçu ce texte assez particulier au regard du reste de ma bibliographie.

Vingt-cinq millions de pardons

AOC16_couverture.qxdNouvelle parue dans le fanzine Aventures Oniriques et Compagnie n°16, juillet 2010

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Feodossia est une cité balnéaire sur les bords de la Mer Noire, tranquille et sans histoires. Mais quand un certain Jani Beg se présente au guichet de la poste avec des dizaines de colis à envoyer aux quatre coins de l’Europe, un passé douloureux resurgit : au Moyen-Âge, Feodossia était une colonie génoise d’où partit une épidémie qui devait tuer vingt-cinq millions d’Européens…

La Peste Noire était déjà au cœur de mon roman « Medieval Superheroes », mais pour cette nouvelle je suis revenu aux origines de l’épidémie : en 1345, le khan de la Horde d’Or fit catapulter des cadavres infectés par-dessus les murailles d’une cité qui résistait à ses armées ; de là, des marins génois ramenèrent la maladie en Europe avec les conséquences que l’on sait… J’ai alors imaginé que ce chef mongol, coupable d’avoir causé la mort de millions de personnes, était incapable de trouver le repos depuis des siècles, et qu’il lui fallait revenir sur les lieux de son crime. Cette nouvelle a été écrite durant l’été 2009 et proposée dans la foulée à Présences d’Esprits, qui l’a acceptée. Il s’agissait alors de ma première publication dans la revue AOC, avant « Le Trembleur » quelques années plus tard.

Chez René

BorderlineNouvelle parue dans le fanzine Borderline n°14, décembre 2009

On le sait, les garagistes parviennent toujours à trouver une pièce à changer, même quand tout semble fonctionner parfaitement. Mais quand le garagiste en question est un vampire dont l’établi fait office de table d’opération, et dont l’unique compagnon est un molosse avide de chair humaine, mieux vaut éviter de tomber en panne dans les parages…

Ainsi que je l’ai confessé en introduction à ma nouvelle dans le fanzine Borderline, je ne suis vraiment pas un amateur de récits vampiriques, c’est le moins que l’on puisse dire ; avec « Chez René », ce n’est pourtant ni la première ni la dernière fois que j’écris sur ce thème… Cette histoire farfelue de garage tenu par un vampire aux allures de savant fou est directement inspirée d’un véritable garagiste, très sympathique au demeurant, rencontré à l’occasion d’une panne malencontreuse survenue au beau milieu des Cévennes. C’était durant l’été 2008, et j’ai aussitôt entamé la rédaction de cette nouvelle, même si je l’ai ensuite laissée de côté pour ne l’achever qu’en 2009, alors que se profilait la fin de l’appel à textes de Borderline consacré aux vampires. Nous étions alors en pleine folie « Twilight », il fallait bien offrir aux lecteurs autre chose que de mauvaises copies de Bella et Edward !