Le blues de Zwarte Piet

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

Quand arrive enfin le mois de décembre, tous les enfants néerlandais se réjouissent de voir le vieux Sinterklaas, sa hotte chargée de cadeaux et son aide distribuant bonbons et biscuits : l’Africain Zwarte Piet. Mais cette année, Saint Nicolas sillonnera les rues d’Amsterdam sans son vieil acolyte : au nom de la lutte contre le racisme, le bon Noir a été banni de la fête…

C’est un débat qui secoue régulièrement les Pays-Bas à l’approche des fêtes de fin d’année : Zwarte Piet, l’acolyte Noir de Saint-Nicolas, doit-il être supprimé car coupable de véhiculer des stéréotypes racistes ? J’ai découvert en décembre 2013 l’existence de ce personnage et les polémiques qu’il suscite, ce qui m’a aussitôt inspiré ce « Blues de Zwarte Piet ». Il s’agit de l’une de mes rares nouvelles s’attachant à un fait d’actualité ; d’ordinaire je suis plus à l’aise avec l’Histoire ou la mythologie… Cependant celle-ci a beaucoup plu à mon éditeur, qui a souhaité la voir faire partie des inédits de mon recueil « Sans Donjon ni Dragon ».

Dame Autunnale et le pouvoir des fleurs

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Troisième des quatre filles du grand-duc de Castelnuovo del Leone, Autunnale semblait vouée à une existence tranquille. Mais un terrible don s’est manifesté chez elle dès l’enfance : le moindre contact avec une fleur peut causer la mort d’un inconnu ou d’un membre de la famille. Cloitrée dans sa chambre pour le bien de tous, elle n’en sort que sur ordre de son père, lorsque les affaires politiques requièrent un meurtre discret… Car qui irait soupçonner la douce, l’innocente Autunnale ?

A l’origine de la rédaction de cette nouvelle se trouve ma lecture du recueil de nouvelles « Princesses d’ivoire et d’ivresse » de Jean Lorrain. Si ce nom ne vous parle pas, c’est normal : très actif autour de 1900, il fait aujourd’hui partie de ces auteurs que plus personne ou presque ne lit. Je suis pourtant tombé sous le charme de ses histoires noires et cruelles qui revisitent magistralement les contes de fées et de princesses, les débarrassant de toute niaiserie. En écrivant « Dame Autunnale et le pouvoir des fleurs », que l’on pourrait tout à fait sous-titrer « Conte à la manière de Jean Lorrain », j’ai essayé de retrouver autant que possible la langue précieuse, magnifiquement ciselée, des écrivains d’il y a cent et quelques années. C’est un pastiche assumé comme tel — pastiche et non parodie, la finalité de ce texte étant de rendre hommage à une catégorie d’auteurs que j’admire et non de railler leurs éventuels défauts. Écrite durant l’été 2013, cette nouvelle était restée inédite avant sa publication dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon ».

Le roi de la Mer Orientale et le prince de Chine

VoyelAsieNouvelle parue dans l’anthologie « De la corne du Kirin aux ailes du Fenghuang » aux éditions Voy’el, avril 2015

Obsédé par la quête de la vie éternelle, l’Empereur de Chine prend la tête d’une flotte de trois jonques à destination de Fusang, l’Archipel des Immortels. Mais une telle expédition n’est pas sans danger : sous les flots vert émeraude de la Mer Orientale demeure le vénérable Ao Guang, le roi-dragon, maître des vagues et de la pluie…

J’ai écrit cette nouvelle au printemps 2013, suite à ma lecture de « Le premier empereur de Chine » de Jonathan Clements, une biographie de Qin Shi Huangdi, qui unifia la Chine et dirigea le pays d’une main de fer au 3ème siècle avant notre ère. L’épisode historiquement attesté de sa folle quête de l’immortalité m’a immédiatement donné envie d’écrire à ce sujet ; j’ai néanmoins gardé l’idée dans un coin de ma tête durant quelques mois, ne passant à l’acte qu’à la faveur de l’appel à textes des éditions Voy’el sur le thème des créatures mythiques d’Asie : le dragon maritime des légendes chinoises s’est ainsi mêlé à l’Histoire antique…

Quatre cavaliers

SigneNouvelle publiée dans l’anthologie « Ce signe apparu en ville » aux éditions Val Sombre, novembre 2014

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Jourget, Marquet, Troupet et Crouzet sillonnent à moto les routes du Sud de la France afin d’accomplir la même mission depuis des temps immémoriaux : apporter les pluie, le vent et la grêle entre les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai. Mais cette année les Hautes Sphères semblent caresser d’autres projets… Les quatre cavaliers seront-ils relégués au rayon des souvenirs ?

Avant d’habiter dans le Sud, je n’avais jamais entendu parler des saints cavaliers, qui en faisant tomber de fortes pluies au printemps offrent un sujet de conversation tout trouvé à cette période de l’année. Leur image s’est télescopée dans mon esprit avec celle des cavaliers de l’Apocalypse, notamment ceux de Terry Pratchett et Neil Gaiman dans l’hilarant « De bons présages », qui opèrent à moto. Cela m’a donné envie d’écrire cette nouvelle au printemps 2013, et j’ai tâché de la faire coller au thème d’un appel à textes lancé à ce moment-là, sur le thème pas forcément facile à traiter du « Signe ». C’est pourquoi mes quatre cavaliers sont des motards qui voient arriver leur fin prochaine sous la forme d’un signe mystérieusement apparu dans le ciel…