Boire l’éternel oubli

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

Au cours d’un voyage en Grèce, un jeune Français s’égare dans les montagnes de Béotie. On prétend qu’à cet endroit coule le Léthé, le fleuve de l’Oubli. Lorsqu’il croise la route d’une étrange jeune fille qui semble surgie de l’Antiquité, notre héros s’aperçoit qu’en Grèce les anciens mythes appartiennent peut-être encore à la réalité…

Cela faisait un certain temps que j’avais envie d’écrire une nouvelle mettant en scène les Danaïdes, ces cinquante sœurs condamnées à remplir un tonneau sans fond pour avoir assassiné leur époux, mais je ne trouvais pas d’angle d’approche satisfaisant. En 2012 je suis tombé par hasard sur « Aux portes des Enfers » d’Alain Nadaud, une lecture très intéressante qui m’a donné à la fois le cadre de mon histoire (la Béotie où coule une rivière assimilée au Léthé) et son titre, qui est une citation de « L’Enéide » dans son édition de 1825 ; comme dernier ingrédient j’ai ajouté le Chateaubriand de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem qui en est devenu le narrateur. Achevée durant l’été 2013, cette nouvelle n’avait jamais été proposée à aucun éditeur avant d’être sélectionnée pour faire partie de « Sans Donjon ni Dragon ».

Dame Autunnale et le pouvoir des fleurs

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Troisième des quatre filles du grand-duc de Castelnuovo del Leone, Autunnale semblait vouée à une existence tranquille. Mais un terrible don s’est manifesté chez elle dès l’enfance : le moindre contact avec une fleur peut causer la mort d’un inconnu ou d’un membre de la famille. Cloitrée dans sa chambre pour le bien de tous, elle n’en sort que sur ordre de son père, lorsque les affaires politiques requièrent un meurtre discret… Car qui irait soupçonner la douce, l’innocente Autunnale ?

A l’origine de la rédaction de cette nouvelle se trouve ma lecture du recueil de nouvelles « Princesses d’ivoire et d’ivresse » de Jean Lorrain. Si ce nom ne vous parle pas, c’est normal : très actif autour de 1900, il fait aujourd’hui partie de ces auteurs que plus personne ou presque ne lit. Je suis pourtant tombé sous le charme de ses histoires noires et cruelles qui revisitent magistralement les contes de fées et de princesses, les débarrassant de toute niaiserie. En écrivant « Dame Autunnale et le pouvoir des fleurs », que l’on pourrait tout à fait sous-titrer « Conte à la manière de Jean Lorrain », j’ai essayé de retrouver autant que possible la langue précieuse, magnifiquement ciselée, des écrivains d’il y a cent et quelques années. C’est un pastiche assumé comme tel — pastiche et non parodie, la finalité de ce texte étant de rendre hommage à une catégorie d’auteurs que j’admire et non de railler leurs éventuels défauts. Écrite durant l’été 2013, cette nouvelle était restée inédite avant sa publication dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon ».

Le sourire triste de la Zeemeermin

OtherlandsNouvelle publiée dans l’anthologie « Les belles histoires » aux éditions Otherlands, novembre 2015

Au dix-septième siècle à Amsterdam, le retour des navires marchands chargés d’épices d’Extrême-Orient est toujours un événement… D’autant plus lorsque l’un de ces retourschepen rentre au port avec à son bord une prise exceptionnelle : une femme au corps recouvert d’écailles et aux cheveux d’algues, merveille miraculeusement jaillie des eaux… Apportera-t-elle le bonheur ou le malheur au riche armateur qui en a fait l’acquisition ?

J’ai écrit cette nouvelle début 2011. Je lisais alors beaucoup de récits d’aventures maritimes, notamment le méconnu mais excellent « Flamand des vagues » de Jan Van Dorp, qui a sans doute contribué à me faire opter pour un cadre néerlandais. Je ne sais plus pourquoi j’ai eu envie d’écrire une histoire de sirène à ce moment précis, mais cela était finalement assez logique : le bestiaire aquatique me fascine tout particulièrement, même si je ne l’exploite pas assez souvent dans mes écrits — un autre exemple étant ma nouvelle « Il faut détruire Ujj ».

« Le sourire triste de la Zeemeermin » a d’abord été proposé à Otherlands pour une anthologie consacrée aux créatures fantastiques. Le texte a plu, mais a été orienté vers une autre publication, constituée de « belles histoires » parmi lesquelles cette nouvelle à l’ambiance mélancolique a effectivement tout à fait sa place.

Les pies de la Place Rouge

MoscouNouvelle parue dans l’anthologie « Dimension Moscou » aux éditions Rivière Blanche, avril 2015

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Un étudiant russe venu du fin fond de la Sibérie se laisse guider à travers les rues de Moscou par une vieille dame quelque peu mystérieuse. Parvenus sur la Place Rouge, l’attitude de la guide change brutalement : elle a aperçu un vol de pies, événement en apparence anodin qui lui évoque pourtant une tragique histoire survenue plus de quatre siècles auparavant, sous le règne d’Ivan le Terrible…

Rédigée dans sa première version au cours de l’été 2007, voici l’une des nombreuses nouvelles de ma prolifique « période russe » à laquelle appartient, entre autres, « Vassilissa et le Cavalier de l’Aube ». L’anecdote de ces sorcières capables de se transformer en pies pour échapper à la mort est forcément issue de l’une ou l’autre de mes lectures sur le sujet de l’histoire et des mythes russes, mais près de dix ans après il m’est impossible de me souvenir de laquelle il s’agit précisément…

Une fois n’est pas coutume, cette nouvelle n’a pas été sélectionnée suite à un appel à textes public : en 2014, j’ai été contacté par Chantal Robillard, qui préparait une anthologie sur Moscou et avait eu vent de mon goût pour la Russie. Le travail éditorial que nous avons effectué ensemble a été très profitable à mon texte : nous avons notamment évacué le cliché initial du touriste français sifflotant du Gilbert Bécaud sur la Place Rouge, pour le remplacer par un étudiant sibérien sans doute plus authentique.

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Quatre cavaliers

SigneNouvelle publiée dans l’anthologie « Ce signe apparu en ville » aux éditions Val Sombre, novembre 2014

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Jourget, Marquet, Troupet et Crouzet sillonnent à moto les routes du Sud de la France afin d’accomplir la même mission depuis des temps immémoriaux : apporter les pluie, le vent et la grêle entre les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai. Mais cette année les Hautes Sphères semblent caresser d’autres projets… Les quatre cavaliers seront-ils relégués au rayon des souvenirs ?

Avant d’habiter dans le Sud, je n’avais jamais entendu parler des saints cavaliers, qui en faisant tomber de fortes pluies au printemps offrent un sujet de conversation tout trouvé à cette période de l’année. Leur image s’est télescopée dans mon esprit avec celle des cavaliers de l’Apocalypse, notamment ceux de Terry Pratchett et Neil Gaiman dans l’hilarant « De bons présages », qui opèrent à moto. Cela m’a donné envie d’écrire cette nouvelle au printemps 2013, et j’ai tâché de la faire coller au thème d’un appel à textes lancé à ce moment-là, sur le thème pas forcément facile à traiter du « Signe ». C’est pourquoi mes quatre cavaliers sont des motards qui voient arriver leur fin prochaine sous la forme d’un signe mystérieusement apparu dans le ciel…

Collecteurs de corps

CorpsNouvelle parue dans l’anthologie « Le Corps » aux éditions Parchemins & Traverses, décembre 2013

Au temps de la Rome antique, un vespillo, esclave chargé de transporter les cadavres, accomplit sa sinistre besogne dans le cimetière des Esquilies. C’est la nuit, il est seul, ou croit l’être… car l’est-on vraiment quand on travaille au milieu d’innombrables corps ?

J’ai découvert la misérable condition des « servants de Libitina », ces hommes travaillant dans les cimetières romains, grâce au livre de Catherine Salles, « Les bas-fonds de l’Antiquité » : une lecture très intéressante qui nous présente l’envers du décor des civilisations grecques et romaines, avec ses truands, ses prostituées, ses assassins. Nous étions alors en 2009 et Parchemins & Traverses, qui venait de publier mon « Guide du Routard infernal » et allait bientôt publier « Nous nous battrons donc à l’ombre », lançait un nouvel appel à textes sur le thème, pas forcément évident à traiter, du Corps.

Il m’est rapidement venu l’idée de cette narration qui fait la spécificité de cette nouvelle, avec les différentes parties du corps du personnage principal qui s’expriment à tour de rôle. Par rapport à mes standards littéraires habituels, j’ai poussé assez loin le côté horrifique, voire carrément sordide : par la suite je ne me suis plus aventuré dans des scènes comme celles de la « rencontre » du vespillo et de la morte-vivante… Faute de critiques parues après la sortie de l’anthologie, j’ignore comment les lecteurs ont perçu ce texte assez particulier au regard du reste de ma bibliographie.

Du sang sur des mains de givre

NoelsNouvelle parue dans l’anthologie « Noëls d’hier et de demain » aux éditions Argemmios, novembre 2013

Rééditée en numérique aux éditions Mythologica, novembre 2015

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Dans une petite maison de bois, au cœur des forêts de la région de Veliki Oustioug, vit le Père Gel. Tous les enfants russes adorent ce vieil homme qui, à chaque Noël, vient leur apporter les cadeaux qu’ils lui ont commandés… Mais seule sa petite-fille Snegourochka connaît son vrai visage : celui d’un individu alcoolique et violent, qui prend plaisir à la frapper et à l’humilier…

Au début de l’année 2008, tandis que j’entamais la rédaction de mon roman « Nadejda », j’ai exploré un autre versant des légendes russes avec cette nouvelle basée sur Ded Moroz, un équivalent slave de notre Père Noël, et Snegourochka, la fille de neige. Comme dans « Vassilissa et le Cavalier de l’Aube », j’ai repris des personnages emblématiques des contes, connus de tous les Russes, pour leur offrir un destin bien moins heureux… en poussant encore plus loin la cruauté pour la malheureuse Snegourochka qui n’en demandait sans doute pas tant ! On peut également rapprocher « Du sang sur des mains de givre » du « Blues de Zwarte Piet » écrit près de six ans plus tard : on y découvre la triste réalité vécue par les personnages folkloriques des fêtes de fin d’année, derrière les sourires de circonstance… Au vu des réactions suscitées par cette nouvelle, j’ai peut-être touché les limites de ma démarche : certains lecteurs semblent être passés à côté car ils ne connaissaient rien du mythe ici réécrit, tout simplement.

L’anthologie « Noëls d’hier et de demain » dirigée par Pierre-Alexandre Sicart est parue peu de temps avant la disparition des éditions Argemmios et n’a donc peut-être pas connu le succès que sa bonne qualité globale aurait dû lui valoir. La plupart des nouvelles publiées par Argemmios, dont celle-ci, ont ensuite été disponibles en numérique aux éditions Mythologica… lesquelles ont à leur tour disparu depuis.

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Ben et le Bunyip

SF5Nouvelle parue dans le fanzine Station Fiction n°5, février 2013

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

La petite Emily est retrouvée morte en pleine nature, dévorée par le plus dangereux des habitants de la forêt australienne : le Bunyip, un monstre tenant du chien et de la loutre, doté de crocs énormes. Quelque temps plus tard, Ben, le frère de la malheureuse, s’enfonce à son tour dans les bois afin de voir de ses yeux l’animal fabuleux craint de tous… et, peut-être, pouvoir venger sa sœur…

A l’origine de cette nouvelle écrite en 2006 se trouve Solstice, le webzine (désormais introuvable, englouti dans les méandres d’Internet) pour lequel je rédigeais alors quelques articles, dont de fausses interviews de créatures mythiques. Parmi celles-ci, le Bunyip, monstre issu des croyances aborigènes, que je m’empressai de placer au cœur d’une nouvelle. Ce serait mon unique incursion littéraire aux antipodes, jusqu’à ce que j’envoie Napoléon en Australie dans mon roman « L’Ornithorynque de Bonaparte »

J’ai proposé « Ben et le Bunyip » en 2009 au fanzine Station Fiction, qui allait bientôt publier ma nouvelle « La nuit tombe sur Sherwood » dans son troisième numéro. Le numéro 5 sur le thème de la Bête est finalement paru près de quatre ans plus tard, après quelques vicissitudes. Si la Station semble avoir définitivement fermé ses portes après cette parution, le fanzine continue néanmoins d’être disponible au format numérique.

Les doigts des morts

NuitNouvelle parue dans l’anthologie « Le Monde de la Nuit » aux éditions Sombres Rets, février 2013

Rééditée dans le recueil « Et tu la nommeras Kiev » aux éditions Nestiveqnen, septembre 2018

Lors des longues soirées d’hiver les enfants se pressent autour de la vieille Baba Nastya, qui a toujours une histoire effrayante à leur raconter. Cette fois il s’agit d’une anecdote réelle, une aventure extraordinaire qui se déroula dans un passé pas si lointain : quand une fillette du village osa s’aventurer dans l’église une nuit où, devant l’autel, était exposé un cercueil laissé ouvert…

Comme d’autres nouvelles prenant place en Russie, celle-ci a été écrite entre fin 2007 et début 2008. Je suis quasiment certain que l’idée m’est venue en lisant le récit d’un défunt revenu à la vie après s’être fait dérober une bague, quelque part dans les campagnes russes d’autrefois, mais je ne parviens pas à mettre la main sur la référence exacte… En revanche je me souviens avoir retrouvé avec plaisir des motifs proches et le même type d’ambiance lugubre quelques mois plus tard, avec la BD « Veillée funèbre » inspirée d’une nouvelle fantastique de Nicolas Gogol. « Les doigts des morts » n’a pas été écrit pour un appel à textes spécifique, mais a parfaitement convenu à celui qu’a lancé Sombres Rets quelques années plus tard sur le thème de la « Nuit ».

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Si tous les rois de la terre

VampireNouvelle parue dans l’anthologie « Vampire malgré lui » aux éditions du Petit Caveau, décembre 2012

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Au Louvre, une toile représentant l’Empereur à Eylau rappelle à la princesse Caroline Bonaparte à quel point cette bataille fut une abominable boucherie… Dans le même temps, son époux le général Murat, gouverneur de Madrid, doit faire face à un soulèvement populaire qu’il réprime durement… Si l’épopée napoléonienne s’écrit dans le sang, n’y a-t-il pas à cela des causes d’ordre surnaturel ?

Cette nouvelle a été écrite durant l’été 2011, en vue de participer à l’appel à textes des éditions du Petit Caveau dont le but était de dépoussiérer le mythe du vampire. Il m’est rapidement venu l’image d’un champ de bataille hanté par des créatures de la nuit ; étant alors en plein dans la rédaction de « L’Ornithorynque de Bonaparte », le thème napoléonien s’est aussitôt imposé. Avec Eylau et la Guerre d’Espagne, je tenais mes boucheries… Ma bibliothèque déborde de romans et d’essais historiques consacrés à cette période, mes références pour cette nouvelle sont donc innombrables ; mais quiconque souhaitant en savoir davantage sur le soulèvement de Madrid en 1808 lira avec profit « Un jour de colère » d’Arturo Pérez-Reverte, plus connu pour son « Capitaine Alatriste ».

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