L’Empire de Marbre

Couv-Europunk-406x650Nouvelle parue dans l’anthologie « Europunk », aux éditions Realities Inc., mai 2019

Un jour de 1922, le dernier empereur byzantin, endormi depuis près d’un demi-millénaire sous sa capitale devenue turque, sort finalement de son sommeil. Cet événement extraordinaire aura d’énormes répercussions sur l’histoire du 20ème siècle. La construction européenne, notamment, se fera à partir de la Grèce et des Balkans, laissant un rôle secondaire aux pays d’Europe de l’Ouest. C’est dans un contexte de crise économique aiguë que deux parlementaires allemands vont se rendre à Athènes, où siège le tout-puissant Comité de la Volonté générale, avec l’espoir de rencontrer l’Empereur de Marbre…

Depuis plusieurs années, j’envisageais d’écrire une nouvelle basée sur la légende de cet empereur byzantin dont le réveil annoncerait des temps nouveaux pour la Grèce. Mais je ne trouvais pas le bon angle d’approche. Puis j’ai lu « Le paradis perdu » du journaliste anglais Giles Milton, une reconstitution saisissante de la vie à Smyrne au début du 20ème siècle, jusqu’à la prise de la ville par les Turcs et l’expulsion de ses habitants grecs. Mélanger ces deux éléments m’a donné le point de départ de mon uchronie dans laquelle la Grèce domine notre continent, aussi bien politiquement qu’économiquement.

La finalité de « L’Empire de Marbre » est bien sûr d’évoquer notre Union Européenne, la nouvelle ayant été écrite pour les éditions Realities Inc. suite à un appel à « l’Europunk » lancé par Florent Lenhardt et Guillaume Parodi, lesquels se désolaient de voir les auteurs de SF s’intéresser si peu à la question européenne. La démarche d’Europunk était résolument europhile ; mais dans ce texte, qui inverse les rôles des pays « forts » et des pays « faibles », je ne cherche pas à dissimuler mes opinions pour le moins eurosceptiques (on va éviter le terme « europhobe », qui laisse croire à une pathologie qu’il s’agit de guérir à tout prix). Je craignais un peu que ma nouvelle soit rejetée pour ces raisons, mais au bout du compte la sélection effectuée par les anthologistes est assez équilibrée, en tout cas elle offre des visions de l’Union Européenne bien plus nuancées que ce qu’on aurait pu croire de prime abord.

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Boire l’éternel oubli

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

Au cours d’un voyage en Grèce, un jeune Français s’égare dans les montagnes de Béotie. On prétend qu’à cet endroit coule le Léthé, le fleuve de l’Oubli. Lorsqu’il croise la route d’une étrange jeune fille qui semble surgie de l’Antiquité, notre héros s’aperçoit qu’en Grèce les anciens mythes appartiennent peut-être encore à la réalité…

Cela faisait un certain temps que j’avais envie d’écrire une nouvelle mettant en scène les Danaïdes, ces cinquante sœurs condamnées à remplir un tonneau sans fond pour avoir assassiné leur époux, mais je ne trouvais pas d’angle d’approche satisfaisant. En 2012 je suis tombé par hasard sur « Aux portes des Enfers » d’Alain Nadaud, une lecture très intéressante qui m’a donné à la fois le cadre de mon histoire (la Béotie où coule une rivière assimilée au Léthé) et son titre, qui est une citation de « L’Enéide » dans son édition de 1825 ; comme dernier ingrédient j’ai ajouté le Chateaubriand de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem qui en est devenu le narrateur. Achevée durant l’été 2013, cette nouvelle n’avait jamais été proposée à aucun éditeur avant d’être sélectionnée pour faire partie de « Sans Donjon ni Dragon ».

Le Trembleur

AOC37Nouvelle parue dans le fanzine Aventures Oniriques et Compagnie n°37, juillet 2015

Les Spartiates du roi Léonidas ont résisté courageusement mais ont fini par succomber face à l’armée perse. Un seul guerrier a survécu au massacre des Thermopyles : Aristodémos, qui a abandonné ses camarades et fui le champ de bataille. Mais comment continuer à vivre avec le poids de la culpabilité ?

Avec cette nouvelle écrite entre décembre 2007 et janvier 2008, ce n’est ni la première ni la dernière fois que mon imagination me pousse du côté des affrontements entre Grecs et Perses connus sous le nom de Guerres Médiques. L’inspiration m’est directement venue de la source la plus importante sur le sujet : Hérodote qui, dans le septième livre de « l’Enquête », évoque en quelques lignes Aristodémos de Sparte. Je n’ai fait qu’extrapoler à partir du récit d’Hérodote, inventant ce qui avait pu lui arriver entre sa dérobade aux Thermopyles et sa mort glorieuse, un an plus tard, lors de la bataille de Platées.

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Nous nous battrons donc à l’ombre

superhérosNouvelle parue dans l’anthologie « Super-héros ! » aux éditions Parchemins & Traverses, février 2010

Une fois de plus, la Grèce est menacée par les ennemis de la liberté ! Heureusement le pays peut compter sur ses protecteurs, trois cents guerriers aux pouvoirs surnaturels. Parmi eux se trouve Dienekès, fidèle de Poséidon capable de manipuler les forces aquatiques. Saura-t-il repousser les archers perses, si nombreux que leurs volées de flèches obscurcissent le ciel au-dessus des Thermopyles ?

Voilà une nouvelle qui conserve une certaine valeur sentimentale pour moi, puisque l’histoire de sa rédaction est indissociable de celle de mon premier roman publié : « Medieval Superheroes ». Tous deux ont pour origine l’appel à textes de Parchemins & Traverses sur le thème des super-héros, lancé en 2005. A cette époque je ne connaissais pas grand-chose aux comics (cela a bien changé depuis !), mon esprit à la recherche d’idées pour participer à l’appel à textes a donc automatiquement divagué du côté de l’Histoire. Super-héros + Moyen-Âge, cela a donné « Medieval Superheroes », tandis que Super-héros + Antiquité donnait « Nous nous battrons donc à l’ombre », nouvelle rédigée en même temps que le roman. Dix ans plus tard, je demeure surpris de constater que seuls de très rares auteurs se sont hasardés à associer super-héros et Histoire, comme a pu le faire par exemple Neil Gaiman dans « 1602 ». Les justiciers costumés seraient-ils condamnés aux gratte-ciels et aux mégalopoles futuristes ?

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L’esprit de l’Hellespont

HomèreNouvelle parue dans l’anthologie « Les Héritiers d’Homère » aux éditions Argemmios, avril 2009

Rééditée en numérique et dans l’anthologie « L’Imaginaire se mobilise » aux éditions Mythologica, septembre 2015

Rééditée dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Pour envahir la Grèce à la tête de la plus grande armée jamais rassemblée, le roi perse Xerxès doit d’abord franchir l’Hellespont, l’actuel détroit des Dardanelles. La tempête qui détruit ses navires le fait entrer dans une rage folle : il fait fouetter la mer qui ose lui résister… Mais est-il prudent de s’en prendre à une divinité ? Car sur l’Hellespont veille l’esprit d’une jeune fille qui autrefois y perdit la vie…

MobiliseVoilà une nouvelle qui m’est particulièrement chère et que je trouve tout à fait représentative de mon style, si tant est que j’en aie un. Je l’ai écrite fin 2007 afin de répondre à un appel à textes consacré aux mythes grecs, lancé par les éditions Argemmios que venait de fonder Nathalie Dau. L’idée principale m’est venue, encore une fois, de la lecture d’Hérodote : mon imagination a été stimulée par le récit du roi perse envoyant ses esclaves fouetter la mer après la perte de ses navires, dans le septième livre de « l’Enquête ». J’ai mêlé à cet aspect historique le mythe en invoquant les figures de Téthys, sœur et épouse d’Océan, et de Hellé, princesse grecque devenue une divinité marine après sa noyade.

Les éditions Argemmios ont malheureusement fermé leurs portes en 2015, mais « L’esprit de l’Hellespont » a pu poursuivre son existence ailleurs, en étant d’abord réédité par les éditions Mythologica, puis par Nestiveqnen : cette nouvelle est celle qui ouvre le recueil « Sans Donjon ni Dragon ».

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