Le rêve du pont Milvius

AntiquideesNouvelle parue dans l’anthologie « Antiqu’idées » aux éditions ImaJ’nère, juin 2016

À Paris, au quatorzième siècle de l’Hégire, un journaliste va interviewer Mohammed Jassim, l’auteur d’un roman uchronique intitulé « Le rêve du pont Milvius ». L’écrivain a imaginé un monde où l’islam aurait été gêné dans sa progression par une modeste secte juive : le christianisme, devenu religion dominante en Occident suite à la conversion de l’empereur Constantin…

J’ai écrit cette nouvelle au début de l’année 2010, suite à ma lecture de « Quand notre monde est devenu chrétien », de Paul Veyne : un essai historique passionnant, qui revient sur les premiers temps du christianisme, et notamment sur l’instant décisif que constitua la conversion de Constantin en 312. Et si l’empereur n’avait pas fait de sa nouvelle religion le culte officiel… Quelle direction aurait pris l’histoire du monde ? Ces réflexions ont abouti à mon « Rêve du pont Milvius », qui présente une uchronie dans l’uchronie. Cela surprendra sans doute les lecteurs qui ont automatiquement pensé à Dick, mais je n’ai jamais lu « Le maître du Haut-Château », ni aucun autre texte utilisant ce procédé.

J’avais plus ou moins oublié « Le rêve du pont Milvius » jusqu’à ce que l’association angevine ImaJn’ère lance en 2015 un appel à textes sur un thème qui ne pouvait qu’attirer mon attention : l’Antiquité… Au vu des réactions enthousiastes des premiers lecteurs, j’ai bien fait de choisir cette nouvelle plutôt qu’une autre parmi mon abondante production liée à cette période historique qui m’a toujours inspiré.

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Rends-moi mes légions

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Fort de ses trois légions, le général Varus pense qu’il n’aura aucun mal à soumettre au nom du César Auguste les pays barbares au-delà du Rhin. Il peut en outre compter sur l’appui de guerriers autochtones, et notamment le vaillant Arminius, fils du roi des Chérusques… Mais en cas de trahison les conséquences seront dramatiques, et les fantômes romains erreront nombreux dans les impénétrables forêts de Germanie…

L’anéantissement des trois légions de Varus dans la forêt de Teutoburg, en l’an 9 de notre ère, est l’un des événements les plus tragiques de l’histoire romaine. Quand j’ai écrit cette nouvelle, au printemps 2009, j’ai fait en sorte de rester fidèle à ce que l’on connait de la réalité historique, même si je n’ai pas fait l’économie d’une conclusion empreinte de fantastique… de la même manière que Fabien Clavel, dans son roman « Furor » paru en 2012, a ajouté une touche de science-fiction au récit de cette même bataille.

« Rends-moi mes légions » est une nouvelle à laquelle je suis très attaché, peut-être parce que le massacre de Teutoburg est un événement historique qui me fascine tout particulièrement depuis des années. J’ai donc plusieurs fois essayé de « caser » cette nouvelle ici ou là, malheureusement sans succès… Je suis ravi qu’elle ait enfin pu trouver sa place parmi les inédits de « Sans Donjon ni Dragon ».

Collecteurs de corps

CorpsNouvelle parue dans l’anthologie « Le Corps » aux éditions Parchemins & Traverses, décembre 2013

Au temps de la Rome antique, un vespillo, esclave chargé de transporter les cadavres, accomplit sa sinistre besogne dans le cimetière des Esquilies. C’est la nuit, il est seul, ou croit l’être… car l’est-on vraiment quand on travaille au milieu d’innombrables corps ?

J’ai découvert la misérable condition des « servants de Libitina », ces hommes travaillant dans les cimetières romains, grâce au livre de Catherine Salles, « Les bas-fonds de l’Antiquité » : une lecture très intéressante qui nous présente l’envers du décor des civilisations grecques et romaines, avec ses truands, ses prostituées, ses assassins. Nous étions alors en 2009 et Parchemins & Traverses, qui venait de publier mon « Guide du Routard infernal » et allait bientôt publier « Nous nous battrons donc à l’ombre », lançait un nouvel appel à textes sur le thème, pas forcément évident à traiter, du Corps.

Il m’est rapidement venu l’idée de cette narration qui fait la spécificité de cette nouvelle, avec les différentes parties du corps du personnage principal qui s’expriment à tour de rôle. Par rapport à mes standards littéraires habituels, j’ai poussé assez loin le côté horrifique, voire carrément sordide : par la suite je ne me suis plus aventuré dans des scènes comme celles de la « rencontre » du vespillo et de la morte-vivante… Faute de critiques parues après la sortie de l’anthologie, j’ignore comment les lecteurs ont perçu ce texte assez particulier au regard du reste de ma bibliographie.