Hartush, le dernier mâle

hiver_couv_mNouvelle parue dans l’anthologie numérique « Hiver » aux Éditions Secrètes, décembre 2016

Maîtresses de l’immensité des steppes, les femmes n’ont besoin des hommes que pour assurer la fonction de reproducteur. Damla a mis la main sur l’un de ces précieux mâles. Elle compte bien le voir triompher dans l’arène lorsque viendra le temps de désigner le plus fort des hommes, seul digne de perpétuer la race des cavalières de la plaine…

Même si le nom « d’Amazones » n’est jamais mentionné dans ce texte, c’est bien d’elles dont il s’agit ici. Je ne suis pas le premier auteur et ne serai pas le dernier à écrire sur ces légendaires femmes guerrières, aussi effrayantes que fascinantes, ayant créé une société sans hommes ! Ceux qui après avoir lu « Hartush, le dernier mâle » liront mon roman « Nadejda » pourront d’ailleurs y retrouver des éléments similaires : Damla et ses compagnes sont de proches cousines de Zlatygorka, la reine de la Mer Noire…

Tout comme ma précédente parution « Le moine copiste et la Blanche-Face », douze ans se sont écoulés entre la rédaction de « Hartush, le dernier mâle » et sa publication. De même, cette nouvelle a été refusée par deux éditeurs avant d’être acceptée par les Éditions Secrètes dans le cadre d’un appel à textes sur le thème de l’Hiver. Étrangement, les premières versions présentaient un univers aride et chaud, une steppe aux herbes brûlées par un soleil impitoyable ; la saison froide ne s’est invitée que lors de l’ultime remaniement et me semble désormais couler de source, tant l’atmosphère hivernale est parfaitement adaptée aux événements narrés. J’aime quand un appel à textes me donne ainsi l’opportunité non seulement de « recycler » un ancien texte autrement voué à l’oubli, mais aussi et surtout de le retravailler de manière à le rendre plus cohérent et plus abouti.

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Le moine copiste et la Blanche-Face

mortsNouvelle parue dans l’anthologie « Morts » aux éditions des Artistes Fous Associés, octobre 2016

Au cœur d’une abbaye perdue dans les montagnes, le frère Aubin s’est attelé à une tâche qui lui prend la majeure partie de son temps : recopier et enluminer une Bible qui, dans ce monde ravagé par la Grande Hécatombe, n’existe plus qu’en un unique exemplaire. Alors que le point final approche, un visiteur inattendu pénètre dans son scriptorium ; laissera-t-on au moine la possibilité d’achever le travail d’une vie ?

Les premières versions de cette nouvelle sont si anciennes que, depuis le temps, j’ai oublié dans quelles circonstances m’est venue en tête l’histoire de ce moine obsédé par le livre qu’il est chargé de copier. L’ambiance générale doit sans doute beaucoup à ma lecture du Nom de la Rose ; quant à l’abnégation du frère Aubin, elle est finalement à rapprocher d’un sentiment personnel, que j’imagine commun à de nombreux auteurs : depuis que j’écris, je songe toujours au fait que je n’ai pas le droit de mourir tant que je n’aurai pas terminé d’écrire le roman / la nouvelle qui m’occupe actuellement… et ensuite, on verra bien !

Il s’est écoulé douze ans entre la rédaction de « Le copiste et la mort » — le premier titre de cette nouvelle — et sa publication. Elle a connu de nombreuses petites retouches au fil du temps, notamment en changeant quelque peu de contexte, passant du pur fantastique à un univers post-apocalyptique tout juste suggéré. Avant d’être acceptée par les Artistes Fous dans sa forme définitive, cette nouvelle a vu ses premières moutures refusées par un éditeur en 2006, puis par un autre en 2008… Deux maisons d’édition qui, entretemps, ont malheureusement été rattrapées par la Grande Faucheuse.

Le rêve du pont Milvius

AntiquideesNouvelle parue dans l’anthologie « Antiqu’idées » aux éditions ImaJ’nère, juin 2016

À Paris, au quatorzième siècle de l’Hégire, un journaliste va interviewer Mohammed Jassim, l’auteur d’un roman uchronique intitulé « Le rêve du pont Milvius ». L’écrivain a imaginé un monde où l’islam aurait été gêné dans sa progression par une modeste secte juive : le christianisme, devenu religion dominante en Occident suite à la conversion de l’empereur Constantin…

J’ai écrit cette nouvelle au début de l’année 2010, suite à ma lecture de « Quand notre monde est devenu chrétien », de Paul Veyne : un essai historique passionnant, qui revient sur les premiers temps du christianisme, et notamment sur l’instant décisif que constitua la conversion de Constantin en 312. Et si l’empereur n’avait pas fait de sa nouvelle religion le culte officiel… Quelle direction aurait pris l’histoire du monde ? Ces réflexions ont abouti à mon « Rêve du pont Milvius », qui présente une uchronie dans l’uchronie. Cela surprendra sans doute les lecteurs qui ont automatiquement pensé à Dick, mais je n’ai jamais lu « Le maître du Haut-Château », ni aucun autre texte utilisant ce procédé.

J’avais plus ou moins oublié « Le rêve du pont Milvius » jusqu’à ce que l’association angevine ImaJn’ère lance en 2015 un appel à textes sur un thème qui ne pouvait qu’attirer mon attention : l’Antiquité… Au vu des réactions enthousiastes des premiers lecteurs, j’ai bien fait de choisir cette nouvelle plutôt qu’une autre parmi mon abondante production liée à cette période historique qui m’a toujours inspiré.

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Ihr Letztes Wort, depuis 1867

Puzzles

Nouvelle parue dans l’anthologie « Pièces de puzzles » aux éditions HPF, avril 2016

Aux alentours de 1900, à Vienne, la société « Ihr Letztes Wort » consiste en l’association de deux détectives d’un genre très particulier : leurs pouvoirs leur permettent d’exhumer d’une chambre mortuaire les ultimes paroles prononcées par un mourant… Quel secret révélera l’examen des derniers mots du baron Franz von Schönstein ?

L’appel à textes des éditions HPF sur le thème de « L’Enquête » aurait dû ne pas m’inspirer : de manière générale je suis peu friand de polar, que ce soit en tant qu’auteur ou en tant que lecteur. Je ne sais plus précisément comment et pourquoi j’ai associé cette thématique aux dernières paroles d’un mourant, mais c’est une idée qui m’a frappé d’un coup et qui m’a hanté durant des semaines avant que je me décide à la concrétiser par l’écriture d’une nouvelle. Celle-ci aurait tout aussi bien pu se dérouler à Paris ou à Londres, mais comme dans le même temps j’écrivais un roman mettant en scène un certain Wolfgang Mozart, le choix s’est porté tout naturellement sur un contexte autrichien.

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D’Ur, de Memphis et de Sodome

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

Alors qu’ils font route vers le village de Bethléem où les attend un nouveau-né voué à changer la face du monde, trois Mages venus d’Orient s’égarent de nuit dans d’inquiétantes ruines. Quelle est donc cette cité morte ? Et qui sont ses mystérieux habitants ?

Cette nouvelle a été écrite fin 2012, dans l’optique de répondre à l’appel à textes des éditions Argemmios consacré aux mythes du Croissant Fertile. Cela faisait quelque temps que j’avais envie de mettre en scène les Rois Mages dans l’un de mes écrits. Mais comment trouver un angle d’approche original sur des personnages dont le rôle semble à ce point figé ? L’exemple à suivre m’a été donné par Michel Tournier, qui dans son roman « Gaspard, Melchior et Balthazar », a su revisiter de manière magistrale le mythe. J’ai donc osé, à mon tour, créer mes propres Rois Mages qui, je l’espère, surprendront le lecteur. Et si « D’Ur, de Memphis et de Sodome » n’a finalement pas été retenue pour figurer dans l’anthologie à laquelle elle était destinée, cela m’a permis de lui offrir une place parmi les nouvelles inédites de mon recueil « Sans Donjon ni Dragon ».

Rends-moi mes légions

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon » aux éditions Nestiveqnen, mars 2016

Fort de ses trois légions, le général Varus pense qu’il n’aura aucun mal à soumettre au nom du César Auguste les pays barbares au-delà du Rhin. Il peut en outre compter sur l’appui de guerriers autochtones, et notamment le vaillant Arminius, fils du roi des Chérusques… Mais en cas de trahison les conséquences seront dramatiques, et les fantômes romains erreront nombreux dans les impénétrables forêts de Germanie…

L’anéantissement des trois légions de Varus dans la forêt de Teutoburg, en l’an 9 de notre ère, est l’un des événements les plus tragiques de l’histoire romaine. Quand j’ai écrit cette nouvelle, au printemps 2009, j’ai fait en sorte de rester fidèle à ce que l’on connait de la réalité historique, même si je n’ai pas fait l’économie d’une conclusion empreinte de fantastique… de la même manière que Fabien Clavel, dans son roman « Furor » paru en 2012, a ajouté une touche de science-fiction au récit de cette même bataille.

« Rends-moi mes légions » est une nouvelle à laquelle je suis très attaché, peut-être parce que le massacre de Teutoburg est un événement historique qui me fascine tout particulièrement depuis des années. J’ai donc plusieurs fois essayé de « caser » cette nouvelle ici ou là, malheureusement sans succès… Je suis ravi qu’elle ait enfin pu trouver sa place parmi les inédits de « Sans Donjon ni Dragon ».

Service après-vente au Golgotha

Sansdonjon

Nouvelle parue dans le recueil « Sans Donjon ni Dragon », mars 2016

Sous les noms de Joseph et Nicodème, prétendus notables de Jérusalem, se cachent en réalité deux voyageurs temporels chargés d’assurer le service après-vente de leurs « Sujets » : des androïdes disséminés dans toutes les époques historiques. Cette fois la mission s’annonce compliquée, car il s’agit d’opérer une réparation sur le Sujet 1NR1, qui vient d’être crucifié tel un vulgaire criminel sur la colline du Golgotha…

Cette nouvelle a été écrite au printemps 2010, une période très prolifique durant laquelle j’enchainais les textes, si bien que j’ai oublié comment m’est venue l’idée de ce Jésus androïde. J’avais sans doute besoin de souffler un peu entre deux nouvelles plus sérieuses… Mais si je n’ai pas eu besoin de me documenter pour tout ce qui avait trait à la Crucifixion, il n’en était pas de même pour le versant science-fictif de ce texte : ne connaissant pas grand-chose aux robots, aux androïdes et autres cyborgs, je me suis penché sur la littérature liée à ce sujet, découvrant à cette occasion « Le dernier de son espèce », un roman magnifique et malheureusement assez méconnu d’Andreas Eschbach… lequel a par ailleurs publié « Jésus Vidéo » (que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire), une histoire de voyage temporel au temps du Christ. La boucle est ainsi bouclée !

« Service après-vente au Golgotha » n’a pas été écrit en vue de répondre à un appel à textes, et est donc resté inédit jusqu’à sa parution dans « Sans Donjon ni Dragon ».